Le skieur anglais installé à Chamonix collectionne depuis des années les descentes les plus dures du massif. L’ouverture récente d’une ligne en face ouest de l’Aiguille du Tricot est l’occasion d’échanger avec Ben autour de Chamonix et du ski de pente raide.

English version below.

Ayant grandi à Londres, comment t’es-tu retrouvé skieur de pente raide ?

Mes parents n’ont jamais skié mais j’ai eu la chance de découvrir le ski avec mon école, et j’ai développé une passion pour ça. A 19 ans je ne savais pas trop ce que je voulais faire de ma vie alors j’ai décidé de passer une saison de ski à Chamonix. J’ai adoré, et j’ai fini par y rester. Je n’avais aucune expérience alpine lorsque je suis arrivé à Chamonix mais j’étais fasciné par ces grandes montagnes et toutes les histoires d’exploits qui les entourent. Avec mon ami Brendan on a parcouru peu à peu les voies du guide d’Anselme Baud, en progressant doucement et en gagnant de l’expérience, jusqu’à ce que nous skiions nos premières lignes vraiment raides en 2009, en commençant par le Mallory.

A l’exemple de Tom Grant, Ross Hewitt, toi et beaucoup d’autres, de nombreux alpinistes et pente-raideurs britanniques passent la majorité de leur temps à Chamonix. Comment se fait-il que les britanniques ont une connexion aussi forte avec cet endroit ?

Je crois que cette connexion a toujours été présente, depuis les premiers alpinistes qui sont venus à Chamonix comme Whymper. L’esprit d’exploration et l’absence de grandes montagnes chez nous a attiré ces pionniers ici, et c’est ce qui continue toujours à motiver les britanniques à venir dans les Alpes.

Chamonix a une réputation mondiale pour le ski et l’escalade technique, et c’est une ville animée tout au long de l’année. Elle attire des gens de toute la planète qui veulent dépasser leurs limites et se tester. Avec la libre circulation des travailleurs en Europe c’est une destination logique pour les britanniques qui veulent vivre en montagne.

Penses-tu qui il y a toujours de la place pour l’exploration dans le massif du Mont-Blanc ?

Il y aura toujours de nouvelles voies skiées et grimpées dans le massif, simplement car les montagnes changent avec le temps et de nouveaux passages s’ouvrent. Personnellement, je ne crois pas qu’on puisse parler d’exploration dans des montagnes aussi bien connues et cartographiées, néanmoins à chaque fois qu’on va dans un nouvel endroit de ce massif c’est une sorte d’exploration personnelle.

Je penses que les plus grandes avancées se feront au niveau du style plutôt que de réaliser des choses sans cesse plus dures, étant donné que l’espace pour cela se réduit peu à peu.

Parmi tes nombreuses descentes à ski, laquelle t’a le plus marqué ?

Il y en a plusieurs, et pas forcément pour les mêmes raisons.

Rien ne vaut la sensation de skier de la poudre, et je me rappellerai toujours notre descente de l’éperon Frendo en 2013 comme l’une des descentes les plus jouissives que j’aie faite, avec des conditions qu’on ne rencontre qu’une fois dans sa vie.

Bien que ce n’était pas le meilleur ski, des descentes comme l’Aiguille Blanche (de Peuterey ndlr), le couloir en Y (à l’Aiguille Verte nldr) ou celui de la Sentinelle Rouge (au Mont Blanc ndlr) laissent un souvenir impérissable pour leur exigence, leur sauvagerie et le sentiment d’accomplissement.

Tu es parti récemment au Japon et en Islande. As-tu d’autres voyages en tête dans un futur proche ?

J’adore voyager pour skier. Il n’y a rien de mieux que de pouvoir s’imprégner de nouveaux endroits et de nouvelles cultures tout en pratiquant sa passion. Il y a tellement de lieux que je voudrais découvrir pour aller skier, je saisirai les opportunités de voyager dès qu’elles s’offriront à moi.

Un jour j’aimerai skier quelques-uns des géants de l’Himalaya et du Karakoram, mais ces voyages sont beaucoup plus compliqués et chers d’un point de vue logistique.

Quels skis utilises-tu et qu’est-ce qui fait une bonne paire pour le ski de pente raide selon toi ?

Je pense que c’est un choix très personnel en fonction de ton propre style et des conditions du moment. Un ski rigide en torsion est indispensable pour la tenue des carres si la neige est dure. Dans des neiges changeantes, je pense qu’un rocker avant progressif est très utile pour éviter d’enfourner la spatule. J’aime aussi beaucoup utiliser des skis légers pour la pente raide, car ça facilite énormément les virages sautés.

Si je m’attends à skier de la neige profonde je prends ma paire de Whitedot Carbonlite Ragnarok. Ils sont incroyablement légers pour un ski de cette taille et très versatiles. Pour les grosses bambées, en conditions changeantes ou en neige de printemps, j’utilise mes Whitedot Carbonlite R98. C’est mon ski de montagne parfait, pour lequel j’ai contribué au design et au test.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite s’initier au ski de pente raide ?

Commence dans ta zone de confort, puis progresse doucement vers des voies plus engagées. Cela prends du temps et il ne faut pas se précipiter, les risques en jeu sont réels. C’est mieux de commencer sur des voies non exposées en cas de chute.

Il est aussi important d’avoir de bonnes bases en alpinisme et en manips de corde, autant que de bonnes bases en ski. Le fait d’apprendre au contact d’amis plus expérimentés, de prendre des cours et de partir avec des guides sont des moyens de progression incontournables.

Et pour finir, quel est ton meilleur souvenir en montagne, si tu dois en choisir un ?

Il y en a trop ! Je me sens chanceux à chaque fois que je pars en montagne, que ça soit pour skier une grosse face raide ou une classique facile avec des amis. Les liens et les amitiés formées pour la vie dureront plus que n’importe quel souvenir particulier.

 


 

How did you end up being a steep skier growing up in London ?

My parents never skied but I was lucky enough to start skiing as a child with my school and developed a passion for it. At 19 I didn’t really know what I wanted to do with my life and so decided to do a ski season in Chamonix, I loved it and so ended up staying here. I had no mountaineering experience when I arrived but was inspired by the big mountains here and tales of peoples exploits in them. With a friend Brendan we worked our way through routes in Anselme Baud’s guide, slowly progressing and gaining experience until we skied our first real steep routes in 2009 starting with the Mallory.

With Tom Grant, Ross Hewitt, you and many others there are lots of british alpinists and steep skiers spending most of their time in Chamonix. How come the brits have such a strong connection with this place?

I think that connection has always been there, starting from the first mountaineers that traveled here such as Whymper. A spirit of exploration and no big mountains of our own drew these initial mountaineers here and is what continues to drive Brits to come to the Alps now.

Chamonix has a world wide reputation for challenging skiing and climbing, and is a vibrant town year round. It draws people from all over the world who want to push their limits and test themselfs. With the freedom to work anywhere in Europe its a logical place to base yourself if for Brits who want to live a mountain lifestyle.

Do you think there is still room for exploration in the Mont-Blanc range ?

There will always be new routes skied and climbed in the range especially as the mountains change over time and new passages open. Personally I don’t really think you can call this exploration in such well known and mapped mountains, however every time you go to a new place in the mountains its a type of personal exploration.

I think the biggest advancements will come in style instead of doing new harder things as room for this gets smaller and smaller.

Among your numerous ski descents, which one left the biggest mark on you ?

There are several and not always for the same reasons.

There is nothing like the sensation of skiing powder and our descent of the Frendo spur in 2013 I will always remember as some of the most enjoyable skiing I have done, with once in a life time conditions.

Although not the best skiing, descents like the Aiguille Blanche, Y couloir or Sentinel Rouge leave a lasting impression for their challenge, wildness and sense of achievement.

You have recently been traveling to Japan and Iceland. Do you have other trips in mind in the near future ?

I really enjoy traveling to ski, taking in new interesting places and cultures while doing something you love is hard to beat. There are so many places I would like to travel to to ski and I will take the opportunity whenever its possible for me. Eventually I would like to try and ski some of the giants in the Himalayas and Karakoram but these trips are much more logistically difficult and expensive.

Which skis do you use and what makes a good pair of skis for steep skiing according to you ?

I think thats a very personal choice according to your own style and the conditions at the time. A torsionally stiff ski is a must for edge hold if the snow is hard. In variable conditions I think a progressive tip rocker is very useful to avoid diving a tip. I always like to use a ski with a low swing weight for steep skiing, it makes jump turns very easy.

If I expect I will be skiing deep snow then I use my Whitedot Carbonlite Ragnarok’s. It’s incredibly light for a ski of its size and very versatile. For long days, variable or spring snow conditions I use my Whitedot Carbonlite R98’s. This is my perfect ski mountaineering ski which I helped with the design and testing.

What kind of advice could you give to someone who would like to discover the steep skiing activity ?

Start off where you feel comfortable and then progress slowly on more difficult routes, it takes time and isn’t something you want to rush, there are very real dangers involved. Its best to start on routes that are not exposed in case of a fall.

Its also important to have good mountaineering and ropework skills as well as those of a skier. Learning from more experienced friends, taking courses and using guides are all vital tools in progression.

And last but not least, what is your best memory in the mountains ? (if you can choose one)

I can’t think of just one ! Im grateful for every time I go into the mountains wether its to ski a big steep face or an easy classic with friends. Its the bonds and friendships that are formed for life that will outlast any one memory.

www.ben-briggs.com

 

 

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