L’équipe de Summits of my life partie pour l’Everest a bien fait d’emporter des skis dans leurs bagages. L’occasion de signer cette belle pente vierge sur un sommet sans nom de 6900m. Voici le récit de Vivian Bruchez :

“Pour grimper en Himalaya il faut étrangement se moquer de la mort pour ne rien perdre du désir de vivre”

Jean Michel Asselin

C’est d’une certaine manière ce que j’ai ressenti lors de cette descente.
Peut être que d’avoir vécu cette émotion procure encore plus de satisfaction une fois réalisée ?
A-t-on besoin de se confronter au danger pour en ressortir satisfait?
Personnellement je ne pense pas, au contraire, j’aime fuir le risque pour découvrir un autre chemin. Celui de la créativité.
En revanche vis-à-vis du risque nous avons chacun notre propre interprétation.
Au sommet de la pente j’étais terrifié par le manteau neigeux, demandant à Seb de m’encorder pour tester les premiers virages. Seb quant à lui c’était le sérac qui lui serrait l’estomac. Pour Kilian c’était certainement un peu des deux, mais grâce à sa capacité mentale il a pu continuer et rejoindre seul la cime nous laissant Seb et moi sous le sérac étrangement beaucoup plus imposant vu du dessous que du pied de la face ou lors de nos repérages.

Aucune critique à ça, la montagne est un espace de liberté où chacun peut choisir de mettre le curseur où il le veut.
Face au risque il y a la prise de décision et grâce à de nombreuses sorties en solo Kilian a engendré une expérience très juste en la matière.

C’est comme si j’étais porté et aspiré par le niveau de mes compagnons
Je ne le cache pas, sur un total de 800m de face j’ai du faire 50m de trace…
Ça nous dérange pas, c’est comme un échange, ils sont devant à la montée, je suis devant à la descente.
Quoique parfois ils sont aussi devant à la descente…

Les projets Summits of my life m’ont permis de vivre des instants unique autour du monde, je suis à la fois reconnaissant et heureux d’avoir eu cette chance de les vivre.
Kilian est au jour d’aujourd’hui au plus haut niveau technique, physique et d’engagement mental.
Seb est capable de le suivre dans la quasi totalité de ses sorties, ce qui fait de lui un athlète, réalisateur d’exception.
Cette descente à ski est pour moi un symbole. Alors que pour la plupart des skieurs elle représenterait à elle seule un projet d’expé, pour Kilian elle représente une journée normale. À la différence ce jour là, du plaisir partagé entre copains.
En témoigne nos larges sourires en bas de la montagne.

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