(Article initialement rédigé pour notre partenaire Montagnes Magazine.)

Les chutes de neige tardives de ce printemps ont fait la joie des skieurs de pente raide, et cette saison 2016 exceptionnelle se termine avec deux nouvelles réalisations d’ampleur dans le massif du Mont-Blanc : tout d’abord la deuxième descente de la voie Major sur le Mont Blanc le 6 mai par Luca Rolli et Francesco Civra Dano, puis la troisième descente du Linceul aux Grandes Jorasses le 25 mai par Yann Borgnet, Charles Dubouloz et Jean-Yves Fredriksen.

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Le versant de la Brenva au Mont Blanc avec le tracé de leur descente dans la voie Major ©Arch. Civra-Rolli

 

Le prolifique skieur italien Stefano de Benedetti en avait fait la première descente à skis le 7 septembre 1979. Itinéraire de grande ampleur sur le versant de la Brenva et débouchant au sommet du Mont Blanc (4810m), la voie Major est aussi connue pour ses risques objectifs, étant régulièrement balayée par des avalanches et des chutes de séracs. Un caractère très engagé qui explique certainement pourquoi il a fallu attendre 37 ans avant la seconde descente, effectuée par le fort duo italien Civra-Rolli.

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Luca Rolli dans la voie Major ©Arch. Civra-Rolli

Etant partis à minuit du bivouac de la Fourche, les deux guides de Courmayeur sont arrivés au sommet du Mont Blanc 9h plus tard. De là, ils se sont lancés dans cette descente de 3300m de dénivelé négatif jusqu’à Val Vény, seulement entrecoupée de deux rappels avec un peu de désescalade. Une descente à l’exposition maximale, seulement permise par des conditions de neige optimales.

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Francesco Civra Dano sous les séracs de la voie Major ©Arch. Civra-Rolli

 

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Francesco a la patate ! Suivez Luca Rolli sur instagram ©Arch. Rolli-Civra

Au cours du mois, le massif du Mont Blanc a continué à être sillonné par les skieurs avec par exemple plusieurs descentes de la face sud du Mont Blanc du Tacul (5.4/E4), ou encore l’ouverture de « Ya pas Foule » à la Pointe de la Fouly. Puis le 25, Yann Borgnet, Charles Dubouloz et Jean-Yves Fredriksen se sont mis en tête d’aller déposer quelques virages sur le Linceul, cette grande pente suspendue en face nord des Grandes Jorasses, plus souvent en glace noire qu’en neige.

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La face nord des grandes Jorasses avec la pente du Linceul à gauche ©Penteraide.com

Là encore, les prétendants ne se bousculent pas au portillon : cela fait 26 ans que cette pente n’a pas vu de traces de glisse, depuis la première descente par les deux guides chamoniards Jérôme Ruby (en surf) et Sam Beaugey en mai 1995, reprise une semaine plus tard en solitaire par Emmanuel Ballot. Une faible fréquentation qui s’explique surtout par les 400 mètres de goulotte à gravir avant d’accéder à la pente. 400 mètres de goulotte pour 300 mètres de ski, un ratio qu’on pourrait juger défavorable, mais compensé par l’attrait d’une des plus célèbres faces nord des Alpes.

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Les longueurs d’accès à la pente du Linceul ©Yann Borgnet

 

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Ski ou alpinisme ? Les deux ? ©Yann Borgnet

Cette descente fut là aussi permise par de très bonnes conditions de neige d’après leurs auteurs, qui lui donnent la cotation maximale de 5.5/E4.

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50° et au-delà pour Jean-Yves Fredriksen ©Yann Borgnet

En vidéo, par Jean-Yves Fredriksen :

Deux rares répétitions d’itinéraires qui viennent clôturer une saison riche en réalisations et ouvertures dans ce massif.

Du côté helvète, trois skieurs suisses ont descendu la directe de la face Est du Cervin, le 21 mai. Ouverte par Jean-Marc Boivin en juin 1980, le haut de la face se trouve rarement en conditions. Les trois ont pu partir skis aux pieds de l’épaule à 4200m, après avoir gravi le sommet.

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