La semaine dernière, la voie des Jardins Suspendus en face est de Blonnière (5.5 E4, 2369m) a connu trois répétitions : fait rare pour celle ligne mythique qui en moyenne n’est même pas skiée une fois par an !

Cela a commencé avec la descente du guide Paul Bonhomme le 30 janvier 2018, seul, telle que nous la présentions dans cet article.

La particularité des “Jardins suspendus” : plus tu descends, plus c’est raide…

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Le lendemain, c’est au tour des infatigables écumeurs des Aravis Arnaud Gallay et Jonathan Midol, alias les Vieux Garçons, d’aller visiter cette ligne sur les traces de Paul Bonhomme.

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La fameuse traversée – ©Arnaud Gallay
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Ca penche dans les Jardins Suspendus – ©Arnaud Gallay

Cinq jours plus tard, le samedi 3 février, Guillaume Mars ainsi que votre journaliste pente raide préféré se sont rendus sur les lieux (du “reportage terrain” comme on dit !). Les conditions ont changé : une grosse chute de neige a eu lieu l’avant-veille.

Pour ma part j’y avais buté l’année dernière lors d’une journée beaucoup trop chaude, dans laquelle la face était balayée par des purges. Pour la nouvelle tentative, nous visons une journée fraîche et sans soleil.

L’ascension commence par une opération de terrassage façon BTP pour se construire une plateforme sur les 30m de traversée horizontale, dans une neige sucre plutôt inconsistante. Nous apprécierons à la descente de pouvoir mettre les spatules sur quelque chose qui tienne un peu sous le pied. La pente ici, ainsi que dans le couloir qui jouxte la traversée, dépasse franchement le 50°. La moitié supérieure de la voie est plus tranquille en comparaison, il y a même un passage de plat (qui l’eût cru) pour franchir l’éperon. Nous avons brassé pendant trois heures pour gravir les 550m de la face.

La descente s’effectuera dans un mélange de neiges changeantes : d’abord du carton, puis de la poudre profonde (80cm), et dans la partie la plus raide de la croûte, du sucre, et quelques zones en neige dure : la poudre, tombée froide, n’y a pas adhéré. Le remplissage global de la ligne reste néanmoins nettement meilleur qu’en 2017.

Assurément un des plus beaux bijoux de ski de pente raide que Pierre Tardivel ait laissé dans le massif !

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Le couloir après la traversée horizontale – ©Boris Pivaudran
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Passage de la corniche – ©Boris Pivaudran
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Guillaume Mars à l’oeuvre dans le jour blanc – ©Boris Pivaudran

Edit 06/02/18 : Ce mardi 6 février, un jeune pisteur de La Clusaz qui évoluait dans la face est de Blonnière, vraisemblablement dans une combinaison entre les Jardins Suspendus et la rampe Chauchefoin, a trouvé la mort. D’après le Dauphiné Libéré il aurait été emporté par une chute de corniche. La communauté du ski de pente raide est en deuil.

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